Un symbole

D’après plusieurs statistiques, nous avons pu observer et en déterminer que plus un état est rigide sur le droit au port d’arme et sur la vente, moins il y a de crimes.

Contrairement à ce que les étrangers pourraient penser, ces nombres ne changent pas plus que ça les idées sur les armes à feu de certains américains.

Car en réalité, les armes sont une véritable culture pour eux. Ils placent même ce droit au même niveau que la liberté d’expression car ils estiment que c’est une liberté fondamentale de pouvoir se protéger et ainsi se sentir citoyen américain. D’après une interview sur FranceSoir, du professeur David Courtwright qui enseigne l’histoire dans une université de Floride, c’est donc aussi « a very strong symbol of partisan identification » ( un symbole très fort d’identification partisane ). Il est ancré dans leur racine, écrit dans la constitution, devenu leur fierté avec les héros du Far West, et ont une place dans l’histoire de leur pays. Parmi les défenseurs du port d’armes, on retrouve beaucoup de chasseurs. Le pays en compte treize millions, la chasse est quelque chose de très enraciné dans la culture locale. Ce sont d’ailleurs les chasseurs qui ont fait adopter les taxes pour alimenter les fond de protection de la nature grâce aux ventes des armes.

« It’s a  very strong symbol of partisan identification »

L’autre défenseur (peut-être même le plus impliqué) de ce droit est la NRA.

La NRA (National Rifle Association) est considérée comme l’un des lobbies les plus influents (politiquement parlant) des États-Unis. Elle compte aujourd’hui plus de 6 millions d’adhérents en 2018.

La NRA cherche à défendre le deuxième amendement de la constitution américaine et donc de promouvoir les armes à feu. Elle se bat surtout pour leur libre commerce, le sport de tir et à l’entraînement à la survie. Elle défend fermement le port d’armes dans chaque débat, et est contre toute loi visant à les supprimer ou à restreindre ce droit. Une des seules nouvelles règles qu’elle soutient est celle qui interdit aux personnes ayant un casier judiciaire ou ayant déjà été condamnée par la justice de porter une arme à feu.

C’est donc grâce à elle que les citoyens ont la possibilité de se procurer des armes à feu facilement.

En ce qui concerne le logo, il s’agit d’un Pygargue à tête blanche (symbole des États-Unis) ayant entre ses griffes deux fusils, qui rappelle ce que défend la NRA. On trouve en dessous un blason avec le drapeau des États-Unis. Le fait que les armes soient entre le pygargue et le drapeau a une signification : l’importante intégration des armes à feu dans leur pays. Les couleurs utilisées, le rouge, le blanc et le bleu rappellent les couleurs du drapeau des États-Unis tandis que la date inscrite en dessous rappelle la date de création de la NRA, 1871.

logo nra

 

La NRA, avant d’être ce qu elle est aujourd’hui, est une organisation de chasseur et d’amateurs de tirs. Elle a été créé par deux ancien combattants de la guerre de sécession en 1871, qui voulaient absolument que les soldats apprennent à manier correctement une arme, après avoir vu qu’ils n’étaient pas vraiment compétents.

C’est seulement en 1968 que cette association commence à  défendre le 2nd amendement de la constitution américaine. Elle considère le droit de porter une arme à feu comme un droit fondamental, elle s’affiche d’ailleurs comme les “défenseurs des droits civiques”.

Pour que la NRA exerce bien son influence politique, elle reste active par tous les moyens aux États-Unis comme les journaux, la télévision, les publicités etc… Elle a même sa propre chaîne de télévision, la NRATV.

En un an, l’association aurait dépensé environ 300 milliards de dollars d’après le site LCI, argent qui proviendrait majoritairement des cotisations des membres, d’entreprises qui la soutiennent ou de fabricants d’armes.

Et, chose qui a fait beaucoup parlé après les fusillades, elle verse de l’argent à des responsables politiques américains, comme le sénateur américain Marco Rubio. Elle a même financé la campagne de Donald Trump qui était d’ailleurs  très fier d’avoir leur soutien.

« There is no bigger fan of the second amendment and the NRA than me ».

( Il n’y a pas de plus grand fan du deuxième amendement et de la NRA que moi )

On observe qu’elle dépense beaucoup, et notamment lors des campagnes électorales : elle aurait versé 30 millions de dollars pour soutenir la campagne du président, et dix millions de moins contre la campagne d’Hillary Clinton, d’après le site BFMTV.

Elle peut aussi compter sur le soutien de grandes célébrités comme Clint Eastwood, Tom Selleck et Chuck Norris.

Après la fusillade de Parkland, le directeur général Wayne LaPierre a dénoncé « the shameful politicization of tragedy »  ( politisation honteuse de la tragédie ) qu’utilisent les anti-armes. Et il n’est pas le seul. Beaucoup de personnes et de sites d’extrême droite accusent certaines chaînes comme la CNN d’utiliser les jeunes comme “acteurs de crise”. Ils sont, d’après le site The Gateway Pundit « used as political tools by the far left to further anti-Conservative rhetoric and an anti-gun agenda «  ( utilisés comme outils politiques par l’extrême gauche pour faire avancer sa rhétorique anti-conservatrice et anti-armes ).

Aux États-Unis, la vente des armes est même devenue une action populaire. Il existe des “Gun Shows” dans lesquels des personnes passionnées d’armes présentent toutes celles présentent sur le marché. On peut essayer les armes, idem pour les enfants qui prennent ça comme un jeu. Ça ne choque personne d’en voir un en essayer car certains en reçoivent même en cadeau à leur anniversaire. Ils apprennent souvent assez tôt à les utiliser, et peuvent demander leur prochain cadeau décoré de dessins “Hello Kitty” ou “Spider Man” grâce aux catalogues de certaines chaînes de magasin qui se trouvent être spécialisés dans les armes pour enfants.

arme hello kitty

La publicité est très persuasive sur les américains et notamment après les fusillades, en cherchant à toucher tout public. Les médias aussi incitent les jeunes à la violence par les séries où on retrouve souvent un jeune mal dans sa peau qui décide de se venger en tuant, reprenant l’idée de School shooting qui consiste à attaquer des personnes dans un établissement scolaire avec une arme à feu, ou par les jeux vidéos. Les joueurs aiment les armes avec lesquelles ils jouent dans leur jeu, et décident par la suite d’acheter en vrai le même modèle. C’est donc aussi une forme de publicité pour les marques d’armes.

Après chaque tuerie, on remarque une nette augmentation de ventes, démontrant la peur de la population et son envie de se protéger.

Les tueurs des massacres survenus aux États-Unis étaient souvent victimes de cette “propagande” des armes, et leur intérêt pour elles étaient très présent. Ils participaient aux Gun Shows et se procuraient énormément de types d’armes, tueurs dont faisait parti l’auteur de la fusillade de Parkland qui suivaient aussi des formations financées par l’armée, et des entraînements paramilitaires préparés par la «Republic of Florida».