Le 14 février 2018, jour de la Saint Valentin, une fusillade a lieu au lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, une ville de 23 000 habitants au Nord de Miami.
L’auteur de la fusillade est un jeune homme de 20 ans nommé Nikolas Cruz, un adepte des armes à feu faisant partie d’un groupuscule suprématiste. Il s’agit d’un ancien élève renvoyé de l’établissement à cause d’un comportement violent, et chez qui on avait trouvé des munitions.

Le jeune homme a été adopté à sa naissance et a eu une enfance normale mais son père adoptif meurt en 2004. ll vit donc avec sa mère adoptive, mais son comportement commence à changer à l’adolescence. La mort de sa mère en 2017 le renferme sur lui même, et il est accueilli chez un ancien camarade de classe.
Le jour même de l’attaque, peu avant la fusillade, il poste des vidéos terrifiantes où il détaille son plan. D’une voix calme et assurée, il parle de son objectif, tuer « at least 20 people with an AR-15 » (au moins vingt personnes avec un AR-15). Il assure que ce sera un grand événement et indique même le lieu où il compte mettre à l’œuvre son plan.
Il ajoute d’un ton léger “When you see me on the news, you will know who I am…“ (quand vous me verrez aux informations, vous saurez qui je suis) et ricane avant de faire des bruit de tirs. Il explique par la suite la manière dont il souhaite que les choses se déroulent et ajoute “ I am nothing, I am no one, my life is nothing and meaningless […] I hate everyone and everything ” (je ne suis rien, je ne suis personne, ma vie n’est rien et n’a aucun sens […] Je hais tout et tout le monde) décrit-il d’une voix neutre.
Malgré cette vidéo, aucun élève ou professeur n’avait reçu d’avertissement d’une quelconque menace.
L’après-midi même à quatorze heure trente, Nikolas Cruz déclenche l’alarme incendie, masque à gaz sur le visage, pour faire sortir les élèves qui pensaient faire un exercice d’évacuation, et par la suite pouvoir leur tirer dessus plus facilement et leur lancer des fumigènes. La fusillade dure six minutes. D’après les témoignages, les victimes se cachaient comme elles le pouvaient dans les placards ou sous les tables, pendant que des cris incessants provenaient des couloirs.
Le tueur s’échappe ensuite en se mêlant aux autres élèves, puis marche jusqu’à un supermarché Walmart où il s’achète tranquillement un soda, puis mange à McDonalds. Les autorités l’arrête vers 15 heures 30 dans les environs de Coral Springs.

Cette fusillade est la 18ième sur des étudiants depuis le début de l’année 2018 et a fait dix-sept morts et douze blessés.
Durant les interrogatoires, Nikolas Cruz a avoué souffrir de dépression, sûrement due à la solitude, et avoir tenté de se suicider deux fois, deux mois avant la fusillade.
D’après lui, ce seraient des voix diaboliques qui lui aurait demandé d’acheter les armes et d’ensuite “burn, kill, destroy” (brûler, tuer, détruire). On le voit dans certaines vidéos se frapper, parler seul et demander à l’inspecteur de le tuer, et ajoute qu’il est seul et idiot.
Il remarque par ailleurs à travers la voix de ses avocats vouloir faire un don de son héritage aux familles des victimes.
Finalement, le jeune homme a été accusé de dix-sept meurtres avec préméditation et est encore en attente de son procès, qui pourrait déboucher sur la peine de mort.
L’AR-15, arme utilisée par Nikolas Cruz est un fusil d’assaut qui a été inventé par un américain du nom d’Eugène Morrison Stoner. Il a participé dans la plus grand partie de la composition de l’arme. Il est considéré avec John Browning et John C. Garand comme l’un des plus grands inventeur et concepteur d’armes à feu militaires du 20ème siècles aux États-Unis.

Contrairement à ce que les gens pourraient penser, dans le nom “AR-15” les lettres “AR” ne signifient pas Assault Rifle (en anglais, « fusil d’assaut ») mais elles font références aux deux premières lettres de la société Armalite qui a conçu en première le fusil.
La plupart du temps, les munitions utilisées sont les 5,56 mm Otan ; les 223 Remington ou les 6,8 mm Remington SPC.
Les 5,56 mm Otan, balles pour fusil d’assaut, possèdent une plus grande pression et vitesse que les 223 Remington (car ces dernières sont pour une personne civile et non militaire), sont longues et équilibrées à l’arrière ce qui fait qu’elles traversent leur cible en tournoyant. Les 6,8 mm Remington SPC ont été conçues quant à elles pour avoir meilleure performance que les 5,56 mm Otan grâce à un calibre de 6,68 mm, meilleur que les 6,5mm ou 7mm. Elles sont plus précises et plus fiables, pouvant aller jusqu’à 500m de distance.
Ces trois balles ont toutes une vitesse de 850 mètres par secondes, mais c’est la 6,8 mm Remington SPC qui est la plus lourde (étant la plus grande), avec ses 7,5 g.

La longueur du canon varie de 21 à 41 cm tandis que celle de l’arme varie de 0,99 m à 1,1 m. Pour ce qu’il s’agit de la masse, elle est de 3 à 5 kg à vide.
L’AR-15 est une arme de catégorie B, elle est autorisée pour pratiquer le tir sportif et pour les risques professionnels. Pour détenir une arme de cette catégorie, il faut un permis de port d’arme et une autorisation d’acheter et détenir.
La catégorie B ne concerne que certaines armes à feu de poing (revolver/pistolet), armes d’épaules (fusil, carabine) ainsi que toutes les armes à impulsion électrique (tasers, choqueurs) et quelques générateurs d’aérosols incapacitants (bombes lacrymogènes).
Cette arme est, comme nous l’avons dit précédemment, un fusil d’assaut. Il a plusieurs fonctions :
- Il peut tirer coup par coup, comme un fusil classique (par exemple le fusil lebel modèle 1886), avoir une grande précision (mais pas autant qu’un sniper ) et il est dotée d’une grande portée : il peut tirer à une distance d’environ 300 mètres (si c’est un fusil semi automatique). Après 300 mètres, il faut le plus souvent porter des lunettes car il est fort difficile de percevoir la cible.
- Il peut également tirer par rafales limitées, ou non. Cela dépend de la capacité du magasin (chargeur) mais la portée et la précision sont beaucoup moins importantes. Elles sont plus utilisées pour faire le maximum de dégâts que pour du tire de précision.
Une arme automatique fonctionne comme une arme normale, et on retrouve les mêmes parties de l’arme :
- Le châssis : c’est le corps de l’arme à feu qui retient le canon, le verrou et la crosse. Il recouvre tout le mécanisme.
- Le canon : c’est un tube (long ou court) qui est particulièrement résistant à de fortes températures car à l’intérieur du tube lors de la propulsion, la température peut monter a plus de 2000°C.
L’intérieur du canon est rainuré ce qui donnera à la balle expulsée un mouvement de rotation sur elle-même, ce qui améliora sa stabilité aérodynamique en diminuant le frottement ou la déviation par le vent. - La chambre : c’est la partie du canon qui contient la munition.
- Le verrou (appelé aussi culasse) : c’est la pièce située à l’arrière du canon renfermant les pièces du mécanisme de l’arme de détente par pression digital. Elle transmet un mouvement au mécanisme de percussion (la détente peut parfois être un interrupteur électrique).
- La gâchette : c’est la partie qui tient et relâche directement, le verrou ou comme on l’appelle plus particulièrement le percuteur.
- Le chien : c’est un petit marteau qui va frapper le percuteur qui se trouve dans le verrou, qui va à son tour frapper l’amorce de la cartouche démarrant la propulsion de l’ogive.
- La crosse n’a pas d’impact sur le tire en lui-même c’est le manche qui sert de compartiment où est inséré le chargeur de munitions.

Le fusil d’assaut spécifiquement à usage militaire est apparu durant la Seconde Guerre mondiale dans les rangs Allemands. Il s’agit du Sturmgewehr 44, considéré comme le tout premier véritable fusil d’assaut.

L’AR-15 est aussi une arme semi-automatique. Une arme semi-automatique tire une seule munition à la fois. La munition suivante la première vient se loger dans le canon, et automatiquement une partie de l’énergie créée par le tir et par la balle est utilisée pour faire éjecter la douille de la balle ainsi que pour le chargement de la cartouche suivante .
Cependant, si une cartouche est défectueuse tout l’arme sera bloquée et inutilisable : on dit qu’elle est enrayée. Le tire pourra reprendre une fois que la balle défectueuse aura été éjectée et qu’on aura vérifié que rien n’est resté bloqué dans le canon au risque de le voir exploser.
Une munition, aussi petit que ça puisse être, est composée de plusieurs parties différentes :
- Une douille, communément appelé étui pour les petits calibres. Il s’agit de l’élément qui solidarise tous les composants de la balle. Elle est . La douille en elle même est creuse et souvent en laiton ou en plastique. L’avant s’appelle le « collet », c’est là ou se place l’ogive, projectile qui est expulsé du canon (la balle).
- Au milieu de la douille se trouve le corps qui renferme de la poudre. C’est le plus ancien explosif chimique connu.
- A l’arrière se trouve le culot qui abrite l’amorce. Elle a la particularité de produire une petite explosion si elle subit un choc violent ou une friction. Ainsi l’amorce va enflammer la charge propulsive, qui va lors de sa combustion projeter l’ogive hors de la douille.
